04.07.2005
D. RÉCITS DE JACQUES VILLESOLIN. 3. — La légende des bûcherons
III. — LA LEGENDE DES BUCHERONS
« Je ne crois pas qu'il y ait de province... Je ne sais même pas s'il est un village en France qui n'ait pas sa légende. Une légende, voyez-vous, ce n'est pas un conte pour faire peur aux petits enfants ou effrayer les grand'mères. Mais non ! C'est une histoire, une histoire qui était vraie dans le temps, et qu'on a répétée bien des fois... le soir au coin du feu. Bien sûr, tout cela s'est transformé, à chaque nouvelle veillée, le conteur a ajouté un nouveau détail et l'histoire est devenue plus riche, plus belle, mais c'est toujours la même histoire.
« Eh bien, voyez-vous, dans mon pays, dans ma province et dans la vôtre aussi, sans doute, c'est à ce moment-ci de l'année que nous redisions le plus volontiers nos légendes. Pourquoi ? Oh, parce ce que les jours étaient plus courts... Qu'il faisait froid dehors, et que de grands feux brûlaient dans les cheminées.
« Je me souviens d'une légende, elle est très belle, du moins je l'aime beaucoup; si vous la connaissez déjà, peut-être voudrez-vous l'entendre à nouveau, et si vous ne l'avez jamais entendue raconter, et bien, nous allons vous la dire. C'est « La légende des Bûcherons ». Elle est née en forêt de Montreuillon, quelque part vers un carrefour qui s'appelait « Le sapin ravagé » dans mon pays du Morvan.
Nous sommes en forêt. Des bûcherons vont faire une coupe.
La scène se passe quelque temps avant la guerre. Août 1939 !
François. — Hében ! mon bûcheron de Père Lequeu... On va t-y l'abattre tout de suite ce sapin-là ?...
Lequeu. — Bah... Ben... Moi j' veux ben...
Sylvain (rouspétant).—Ra tia tia... et la soupe ? Et le déjeuner mes gars... Tout de même, depuis le matin qu'on est dans la coupe... Ça creuse...
François. — Avec quoi que tu veux déjeuner le Sylvain... Ta gamine est pas encore venue apporter notre repas.
Sylvain. — C'est ma foi vrai...
François. — Ben alors... bois un coup pour te donner du courage, pis on abat l'arbre avant de se mettre à casser la croûte... Ca sera toujours ca de fait.. Pas vrai, Père Lequeu ?
Lequeu. — Bon ! comme vous voudrez... mais alors il faut s'y mettre tout de suite...
Sylvain.—Ah ! je veux ben...
Lequeu. — Ah ! que c'est donc ennuyant c'te chose-là. Regarde le sapin.
François. — Quoi donc ?
Lequeu.—Y penche à dreite... vers le mauvais côté. Y va détruire la petite volière de charmes, s'il tombe par là. Attends donc voir...
Sylvain.—On n'a qu'à mettre la corde et dire aux gars de tendre ça dur comme mon jarret, sur la gauche. Y sera ben malin comme le diable c'te sapin que m'empêche de déjeuner s'y tombe pas... des fois...
Lequeu. — T'as raison Sylvain, on mettra la corde... Où qu'est donc le Jean-Marie pour venir nous donner la main ? (Appelant) Jean-Marie... (Sa voix résonne sous les arbres), (à ses compagnons auprès de lui) A répond pas le malin... Où qu'il est donc ? (Appelant à nouveau) Hé le Jean-Marie ? Viens donc voir ici; (à ses compagnons) Où qu'a n'est donc? (Plus fort) Ah ben Jean-Marie ?
Jean-Marie (de loin, grinceux). — Voilà... voilà... c'est bon, on arrive... (Plus près) J' suis là ! Mon Dieu...
Lequeu.—Vins donc putôt nous aider à abattre ce sapin avant la soupe... putôt, putôt... hé ! ce que je vois, qu'à poser des collets... que je surprends les deux oreilles d'un lapin qui te sort du bout d' ta poche.
Jean-Marie (conciliant). — Sont si petits mes collets, qu' ça fait de mal à personne...
Sylvain. _ Va donc placer la corde sur le haut du fût, espèce de braconneu... un gars comme toi, ça sait grimper. Dénicheu de pies.
Jean-Marie. — Ça, ça me connait pardine... François passe-moi le bout de la corde, que je me la serre autour du ventre... pour être libre des mains. Tiens, là encore un tour. Ah, ouf, ça serre, Pousse moué aux premières branches. Là... je tiens le fût...
François.—Ho hisse... ho hisse... ho hisse...
Jean-Marie. — Encore un ch'ti coup... Hé... j' les tiens...
François. — Ho hisse...
Sylvain. —Y grimpe là-dessus comme un vrai écureuil !..
Lequeu. —T'en ferais pas autant... mon vieux Sylvain, avec un ventre comme celui de ma mule...
Sylvain.—Te peux causer, avec un train comme le tien... Hé, là-haut. Te vois-t-y du pays... L'est dru comme un pic qui monte aux arbres...
Jean-Marie.—Si j'en vois du pays. Ten, j'aperçois même la chapelle en ruines de la forêt... Ten, juste là, à côté des étangs. Oh ! Faites attention, vous mettez pas dessous moi... Gare à la mousse dans les yeux.
Lequeu.—Mets la corde solide à double nœud.
Jean-Marie. —Vous en faites pas...
François. — Presse-toi donc qu'on en finisse, causeux... Te descends ?
Jean-Marie. — Attention, je me laisse glisser... (On entend ses pieds qui touchent la terre) Youf ! Elle tient ben ma corde, vous allez pouvoir tirer...
Lequeu.—Bon ! François, te vas cogner l'arbre avec moi... Jean-Marie et toi Père Sylvain, mettez-vous à la corde… Attention de faire tomber le sapin au bon endroit... (Il se crache dans les mains). L'un après l'autre, hein, François ! C'est moi qui commence... Ah ! (on entend pendant quelques secondes les bruits des cognées sur le fût du sapin, François et Lequeu accompagnent chacun des coups qu'ils donnent par un « han ! »).
Lequeu (tapant toujours, par conséquent la voix retenue). — Pu bas, François !... Frappe pu bas... Tout en bas..
François.—Vous en faites pas, c'était le coup que m'avait un peu manqué... han... han... han...
Lequeu (très fort). — Attention. Sylvain et Jean-Marie. Tirez fort. On donne les derniers coups... Ça va craquer
Sylvain (de loin).—On a l'œil... (Les coups de cognées augmentent d'intensité, pendant deux secondes on n'entend qu'eux. Puis un craquement, et enfin l'arbre s'abat dans un bruit de branches brisées) .
Lequeu. —L'est ben tombé!...
Sylvain. — Brament beau sapin que c'était là.
François. — Allons-y, on a encore de quoi chauffer tout le département dans la forêt de Montreuillon... et même de faire la charpente d'une ville grande comme Châtillon dans le Bazois... au moins... Ça manque pas d'arbres. les bois d’ chez nous.
Jeannette.— C'en a fait un de ces tonnerres...
François. — T'es donc là, Jeannette ? On était si occupés que personne t'avait seulement vue...
Sylvain.—Te nous a t'y apporté notre souper ?
Jeannette. — J' l'au ben au chaud dans mon panier... y a pu qu'à s'asseoir. Ten, j' déplie la serviette... Là On est bien. Ça fait sec...
Sylvain.—Un morceau de salé, Lequeu ?
Lequeu.—Merci... que je sorte mon couteau... Où qu' l'est donc ?
François. — Servez-vous de la bouteille. J' boirai au rigoulot après vous Père Lequeu...
Sylvain. — Laisse-m'en...
Jean-Marie. — Avec un ventre comme ça, y boirait ben tout...
Lequeu. — Alors t'as vu la Chapelle de la Forêt... T'as point entendu les cloches... des fois ?
Jeannette. — Les cloches ? Vous savez ben qu'y en a plus...
Sylvain. — Elles sonnent tout de même de temps en temps...
Jean-Marie. — Comment qu' ça peut-y sonner alors ?
Lequeu.—Quand un grand malheur va arriver, les cloches de la chapelle de la forêt de Montreuillon reviennent sonner le glas.
(Jean-Marie et François se mettent a rire).
Sylvain. — Faut pas rire.
François. — Tiens, passe-moi donc la bouteille, père Sylvain… Tu me rends le gosier sec avec ces histoires.
Jeannette.—Moi j'y crois.
Jean-Marie- — Mais c'est une légende ça... Voyons. ..
Jeannette.— Légende ou pas, ça pourrait être vrai...
Jean-Marie. — Mais qu'est-ce qu'elle raconte donc c' te légende-là, père Lequeu... Vous avez l'air de bien la connaître ?
Lequeu. — Faut pas en rire les gars... Le Sylvain et la Jeannette ont raison... Parce qu'elles ont déjà sonné souvent, les cloches de la Chapelle de Montreuillon... Et chaque fois que c'était le glas, y avait un grand malheur qui suivait...
François. — Oh... Pour sûr ? ? ? Lequeu ? ? ?
Lequeu. — Oui, mon gars. Pour sûr... Elle sonne comme ça, la chapelle vide depuis le temps des grandes invasions. C'était peut-être ben avant les croisades ou la Révolution, j' sais pus ! La Chapelle a été profanée qu'on raconte, à cette époque-là... On lui a volé ses cloches... Oui, mes gars, et depuis, quoique y ait pu jamais eu de cloches dans la Chapelle, avant toutes les invasions, on les entend que reviennent et que se mettent à tinter le glas, comme ça, tu sais... Pan... pan... pan... tout doucement... Ça a fait ça en 70, que grand-père l'a entendu, pis en 14...
Jean-Marie — Oh là donc !
Lequeu. — Comme je te le dis... Et quand le malheur va prendre fin, elles reviennent encore. Mais ce coup-là, elles sonnent en carillon toutes à la fois, comme pour un jour de Pâques..
François. — Ben, vous en savez-t-y des contes mon père Lequeu. Vous êtes encore pis que ma grand-mée, qui croit pourtant aux revenants. Les cloches de la Chapelle démolie de la forêt de Montreuillon sonnant le glas... Pan... pan... pan... Ben ça, faut pas y croire la Jeannette... C'est des idées... (Il rit).
(Tout doucement et au loin, on entend une cloche seule qui sonne le glas, c'est-à-dire un coup très lent, puis un autre. et cela pendant quelques secondes. A mesure que le son de 1a cloche augmente, le rire de François diminue).
Lequeu. — Vous entendez-t-y ?
François (pas très sûr). — C'est le vent...
(Les coups de glas deviennent plus distincts)
Lequeu. — C'est le glas... Ça veut dire... Mon Dieu, que faut vous préparer. (0n entend encore le glas très distinct ; quand il a sonné, silence pendant une seconde ou deux).
Speaker. — Le glas avait sonné en forêt de Montreuillon... C'était peut-être le bruit du vent. Je ne sais pas... C'était peut-être un vol de ces oiseaux qui passent en bandes l'hiver. Peut-être bien... Mais, voyez-vous, les bûcherons de Montreuillon, de Vauclaix, de Cervon, et moi, qui suis de leur pays, nous savions bien ce qui allait arriver... Pourtant la légende ne se finit pas là. Je vais vous dire comment elle se finit... Tenez... tenez... Un jour... un jour qui n'est pas loin... En forêt de Montreuillon, près du « Sapin Ravagé ».
(Il fait un vent assez doux que l'on entend dans les arbres).
Lequeu. —Ça vente...
François.—Ça vente du nord...
Sylvain. — Pas bon, tout ça.. . Ca amène le froid».. comme si on avait besoin de c' te saloperie-là... Pour ce qui nous reste pour nous chauffer dans nout' pays.
François. — Te vois... Moi, je comprends guère... Nous avons des forêts, pas vrai ?...
Sylvain. —Et pis de belles encore...
François.—Y a ben du bois pour tout le monde en France... Ben regarde dans tous les journaux. Partout qu'on voit « lutte contre le froid », à Paris, à Rouen... même à Nevers... Ce bois qu'on coupe quoi, nous par exemple... NOUS. Ben où donc que va ? On est tout de même pas les seuls à faire des coupes en France, bonsoir !
Lequeu. — Va donc le demander aux boches, où que va. Ils le savent ben... eux..
François. — Comment ça que te raconte ? Voyons... C' te coupe-là ten, celle-là même où nous sommes en ce moment, te sais ben que c'est Dardeaud de Nevers que l'achète. ça soune ben le Français pourtant, un nom comme ça.
Sylvain. — Ecoute, le gars François.. J' sais guère écrire. Ni pas trop lire, mais t'es encore moins rusé que moué... Te crois donc que c'est malin. Dardeaud l'achète nout' coupe, ben sûr le poure vieux... C'est son métier... par exemple faut que la vende... Te me suis-t-y ?
François. — Oui.
Sylvain.—Ben il la vend, à j' sais pas moi... Disons... Tiens, disons Faucheux, le gros marchand de bois, et pis Faucheux, faut qu' la vende aussi c' te coupe...
François. — Ben sur, pardine. Mais il est toujours de nout' pays, celui-là.
Sylvain. — Oui-da, oui-da.... mais de fil en aiguille... c'est Fritz que finit par l'acheter.. Te comprends. C'est Fritz que s'est installe à Paris.... pis que l'expédie tout dret, notre travail sur Berlin... Te vois-t-y, François ?
Lequeu. — Mais c'est pas tout encore... Avec quoi que le paye nout' coupe, qu'on sue pour la
faire ? Hein, avec quoi ?... Ben avec nout' monnaie, qu'on est obligé de « lui » payer... des frais d'occupation que raconte c' te salaud de boche... Te comprends... en somme, c'est nous que finissons de payer notre propre travail... pour que le boche en profite encore... Te parle d'un malin.
Sylvain.—Il est peut-être pas si malin que te crois. J' sais pas mais y me semble pas si fier... qu' l'an dernier... On dirait qu'ils ont un os de poulet dans le gosier, les Fritz... C'est pas ça que les rend moins sournois... Mais... j' m'entends. C'est qui commencent à tâter du froid eux aussi là-bas en Russie...
Lequeu. — Pis y tâtent aussi du chaud en Afrique... hé ! hé !
Sylvain. — Savent pus quoi choisir. Quoi donc...
François.—Enfin, tout ça c'est ben joli' mais ça nous empêche pas d'être ben malheureux tout de même ! Un village qu'on n'a pas ce que faut pour se nourrir. Tu te rends compte, pus de viande en Nivernais... Que c'était nous en Morvan qu'on envoyait les meilleurs bœufs à La Villette dans le temps...
Lequeu. —Ah, oui, dans le temps...
François. — Ca me fait penser qu' faut aller relever les collets qu'on a posés... On y trouvera peut-être ben queque chose... Les bûcherons, ma foi, c'est comme les charbonniers, ça a toujours braconné. Mais c'te fois personne y trouve à redire ...
Lequeu. — Oh non, même que tout le monde est d'accord... pour une fois... Ten donc... Te te souviens que le garde de Villemoulin m'avait flanqué dans le temps une belle frousse, et que j'avais juste échappé à l'amende à cause du Curé de Sarvon parce que j'en étais.. comme qui dirait... enfin, je veux pas me vanter... mais le bras drouet, c' qui m'empêchait pas de braconner du reste... Mon Dieu...
François.—Oui.
Lequeu.—Eh ben, c'est le garde de Villemoulin lui-même que m'a donné v’là huit jours son furet pour que je puisse faire les trous... partout, qu'y m'a dit... y a pus la chasse gardée.. C' qui faut, c'est manger... Te parles d'un bouleversement.
Sylvain. — T'as raison. Le braconnage, c'est nécessaire maintenant. Mais ouaht... c'est pu drôle du tout...
François. —Oui dà ! Drôle de monde... Ca te rappelle rien la coupe où on est maintenant, Sylvain... Ten... l'hiver d'avant la guerre...
Sylvain. — Oui dà ! Le pauvre Jean-Marie était là de ce temps...
Lequeu. — Eh oui, le pauvre Jean-Marie était là... C'est du jour où on a abattu le sapin, et où on a entendu les cloches de la Chapelle écroulée. C'est bien ca que tu veux dire, Francois ?
François. — Oui, c'est de ce jour-là. Je me souviens... C'était Jean-Marie... C'était Jean-Marie, tiens, qu'avait monté pour mettre la corde... S'il était dru !
Sylvain (désolé). — Ah... ouaht...
François. — Ça me paraît loin. Bon Dieu que ça me paraît loin, ce jour-là. Y a eu tant de choses depuis. Y en aura peut-être encore d'autres... Vous vous souvenez... les cloches... C'était le glas. J' pouvais pas y croire... ça tournait comme ça entre les arbres-.. ça venait, ça s'en allait... De temps en temps... On aurait dit que ça montait des étangs.. d'autres moments, on aurait ben juré que ça venait du gué Boussard... J' pouvais pas y croire...
Lequeu. — Ah oui dà... Parlons pus de ça... Tiens (poussant un cri; de surprise). Les gars...
Sylvain.—Tu me fais peur, qu'est-ce que y a ?
François. — Quoi donc ?
(On entend un peu de vent, et des sons de cloches avec le vent).
Lequeu.—Ecoutez ce qui vient avec le vent...
(Le son des cloches augmente, elle sonnent en carillon).
François. — Les cloches...
Sylvain. — Ca recommence... Elles sonnent en carillon, les gars... Elles sonnent en carillon... C'est pus le glas, ce coup-là... Ça va finir, nos malheurs... Ecoutez... Elles sonnent toutes ensemble... Elles y sont toutes... Ça va finir. Croyez les cloches... Ecoutez... Ecoutez... C est pus beau qu'un jour de Pâques...
(On entend toutes les cloches qui sonnent en carillon pendant une ou deux secondes).
(Silence) .Speaker. — Oui… Un jour, un jour qui n est pas loin, en plein cœur du Morvan, en forêt de Montreuillon, les cloches de la Chapelle se mettront à sonner les premières !... Dans toute la forêt, les bûcherons lèveront la tête... Dans tous les villages de bordure, on saura vite que les cloches ont sonné ! On saura que la Victoire et la Délivrance sont là jusqu'au jour où dans tous les clochers de France, dans les clochers du Morvan, dans les clochers de Savoie, des Alpes, des Ardennes, dans les clochers bretons, normands, partout, toutes les cloches de France se mettront à sonner. Elles sonneront l'Allemand parti, elles sonneront le retour. Et plus jamais, dans mon pays du Morvan, en forêt de Montreuillon, près d'un carrefour qu'on appelle le « Sapin Ravagé », plus jamais on n'entendra le glas.
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(1) Cervon.
13:30 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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