22.01.2006

H. Maquis Maurice

MAQUIS MAURICE

 

Le Maquis Maurice, ou Maquis de Saint-Prix, fut fondé par M. Louis Le Berger, Capitaine d'active, démobilisé le 27 novembre 1942 et reclassé comme Ingénieur des Eaux et Forêts à l’Inspection d'Autun en mai 1943.

 

S'étant affilié au groupe de résistance formé par M. Léon Magnard, Inspecteur des Eaux et Forêts, qui fut, quelques mois plus tard, victime de la Gestapo, le Capitaine Le Berger camoufla les réfractaires du S. T. O. dans divers chantiers. Il récupéra et rangea, dans des maisons forestières (aux Renaudiots, aux Echards) et au Château de Sommant, du matériel ayant été la propriété de l'ancien Commissariat au Chômage et alloué aux Eaux et Forêts.

 

Puis ce fut la liaison avec le jeune Rœrich, dit Mario, chimiste aux Thélots, commune de Saint-Forgeot, chef de l'A. S. d Autun, en compagnie duquel il prépara la mise sur pied d'un camp en parcourant la région morvandelle « pour entreprendre une délimitation générale de la Forêt d'Anost et inspecter les chantiers ». Motifs qui ne pouvaient évidemment pas attirer de méfiance.

 

Le 4 août 1944, le Capitaine Maurice vint au P. C. Benoy. Après une entrevue avec le chef des

F. F. I. Férent, le Chef canadien Michel et le Capitaine Georges, il fut convenu qu'un bataillon serait constitué dans les environs d Autun afin d'augmenter la pression contre l'ennemi et le harcèlement de ses communications.

 

Il fallut, en attendant mieux, se contenter d'un assez piètre armement. Quatorze mitraillettes, deux fusils-mitrailleurs, une cinquantaine de grenades furent seulement emportés. Deux voitures partirent donc du Château de Volsin — à l’est du bois du Grand Baronnet — , emmenant les Capitaines Maurice et Georges, ainsi que quatre hommes dont « Mario ». Malgré la rencontre de Russes Blancs à Saint-Vallier, le trajet s'accomplit sans incident jusqu'à Saint-Prix, par Montceau et Montchanin-les-Mines, Le Creusot, où I’un des véhicules, en panne, fut remplacé par une camionnette des P. T. T. réquisitionnée, Saint-Sernin-du-Bois, Autun et La Selle.

 

Les voitures, remontant la sombre vallée de la Canche, s'arrêtèrent à la Maison Forestière de La Croisette. Délestées de leur chargement, elles repartirent vers Marizy.

 

Le lendemain, le matériel fut transporté plus avant dans la forêt, à la Maison abandonnée de la

Goulette, nichée à sept cents mètres d'altitude, au cœur du Massif du Bois du Roi, près de la Source

de la Canche, dans une contrée qui, par sa rudesse, rappelle certaines montagnes auvergnates et la

beauté de la Haute Creuse. A l'abri d'une pareille barrière boisée, le maquis serait inattaquable (1).

 

Dans la quinzaine qui suivit, celui ci commença a se renforcer en recevant, notamment, des scouts d’Autun, envoyés par M. I'Abbé Trinquet (Zouave pontifical) et un groupe commandé par le Lieutenant Gallard (Echavidre). Bientôt le camp compta cent cinquante hommes et entra en contact d’un côté, avec le Maquis Louis ; et de l'autre avec le Maquis Socrate. Un centre de transmissions occupa successivement le Château Quioc, à Saint-Prix, puis le Château des Airelles, à la Grande Verrière. Le camp avait le champ libre pour les opérations entre Glux et Autun

 

Mais, si la bonne volonté ne faisait pas défaut l’armement restait toujours aussi rudimentaire malgré la venue du Lieutenant parachutiste Hache et u radio américain Bacik qui demandait avec insistance l'envoi urgent de matériel.

 

Et ce fut la nouvelle désespérante du 27 août :

La mort du Capitaine Georges et de Mario. Le matin, M. l’Abbé Trinquet était venu d’Autun pour célébrer la messe au camp. Au début de l'après-midi, il était reparti avec eux en automobile, pour Anost, lorsqu'arrivés, vers quinze heures trente, sur la route N. 73, ils étaient tombés, quelques centaines de mètres plus loin, dans une embuscade ennemie, près du village de Pommoy. Mario avait été tué sur le coup, et le Capitaine Georges achevé d'une balle dans la nuque.

 

Seul M. I'Abbé Trinquet s'en était tiré, mais non sain et sauf. S'étant esquivé de son mieux en essayant de gagner, en rampant, la route du Pommoy à Roussillon, il avait été suivi dans sa retraite par le tir des Allemands et, alors qu'il allait atteindre cette route et s'échapper à leur vue, il avait été grièvement blessé au bras droit. Fous de rage, les soldats s'étaient approchés de lui, en criant: « Kapout ! Terroriste ! » Il lui avait fallu, dans un sursaut d'énergie, sous la menace des armes braquées sur lui, fournir des preuves devant les convaincre que leur opinion était erronée. Grâce à Dieu, il y avait réussi en déclarant que fatigué au cours d'une promenade, il était monté dans la première voiture rencontrée qui aurait aussi bien pu être allemande... »

 

Pansé et emmené par les Allemands à Autun, M. I'Abbé Trinquet échappa à la fois au trépas et aux griffes de la Gestapo qui se proposait, à son rétablissement, de le questionner plus en détail. Cependant il dut être amputé de son bras.

 

Le corps de Mario, recueilli par les maquisards du Capitaine Socrate, fut inhumé à Anost. Celui du Capitaine Georges, ramené à la Goulette, fut enterré à vingt et une heures dans une tristesse générale.

 

Le camp Maurice, privé de deux de ses chefs, n'en continua pas moins à poursuivre son organisation afin de faire payer chèrement la victoire ennemie. Le 3 septembre, un parachutage fut signalé aux Quatre-Vents, (près du village de Laizy-sur-Arroux), par deux hommes qui devaient ramener deux camarades pendus dans ce lieu.

 

Magnifique aubaine. Un camion fut envoyé sur-le-champ pour prendre les containers. Au retour, les Allemands l'arrêtèrent à Saint-Léger-sous-Beuvray, mais il parvint à passer, car quelques hommes du groupe Marquart entrèrent en scène, ainsi que cinq avions alliés. MM. Protin, instituteur, et Develay, de Saint-Léger, furent hélas, tués au cours du combat (2).

 

Le 8 septembre, le Bataillon de l'Autunois, enrichi de six jeeps parachutées, participa à la libération d'Autun en liaison avec le 2e Dragons de l'Armée du Général de Lattre, dont le fils fut grièvement blessé, et d'autres unités F. F. I. venues en partie du Lot (3).

 

 

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(1) De là la route grimpe a plus de 885 mètres avant d'atteindre le sommet du Folin.

(2) L'adjudant Marquart (cf. Maquis Socrate), attaqua l'après-midi un second convoi avec quelques Civils de Saint-Léger.

(3) C'est d'Autun que des reconnaissances blindées furent poussées sur Saulieu, Corbigny et Château Chinon. — Consulter l'ouvrage de Paul Cazin : La Bataille d'Autun.

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