22.01.2006
L. Honneur aux Maquisards du Nivernais et du Morvan
Le Lieutenant-Colonel Roche, Commandant le département de la Nièvre, cite à l'ordre du département le Capitaine Aubin, commandant le 5e Bataillon F. F. I. de la Nièvre :
« Officier F. F. I. d'une bravoure légendaire animé du plus haut sentiment du devoir.
« Pionnier acharné de la Résistance, hypnotisé par le désir de détruire le Boche.
« Dès 1941, a entrepris une propagande dans les localités de la région de Montsauche, où il jouissait de l'estime et du dévouement de la totalité des habitants, en vue de créer un mouvement de résistance contre l'envahisseur et la politique de Vichy.
« Pendant les années 1942 et 1943, réussit à mettre sur pied des maquis dans la région de Montsauche dont il prit personnellement la direction et malgré les difficultés de toutes sortes, effectua des opérations et des destructions qui gênèrent très sérieusement les troupes d'occupation.
« Dès le début de 1944 se donna à fond à l'organisation intensive des maquis et grâce à ses connaissances approfondies de toutes les ressources de la zone du Morvan, réussit à constituer le plus gros maquis de la résistance qu'il a nourri et prépare au combat.
« Déjà cité au mois de juin, à la suite d'une opération des plus hardies qui se solda par une destruction totale d'un détachement d'environ cinquante ennemis (1) le Capitaine Aubin se distingua à maintes reprises dans d'autres opérations.
« Toujours sur la brèche jour et nuit, arpentant les routes du Morvan pour le service, s'est dépensé jusqu'à la limite des forces humaines et par un tour de force dont lui seul est capable, a permis de sortir de son maquis deux beaux bataillons ».
Cottereau Maurice, Lieutenant F. F. I. du Maquis Bernard :
« Au maquis depuis le 19 mai 1944.
« Officier de grande bravoure, véritable entraîneur d'hommes, a montré en maintes circonstances la preuve de son courage et de son mépris du danger, notamment à l'affaire de la Verrerie, le 25 juin 1944.
« S'est particulièrement distingué le 5 septembre 1944 dans les circonstances suivantes : parti en voiture pour inspecter une de ses sections placée en embuscade, s'est brusquement trouvé en présence d'une colonne de camions et de chars allemands échelonnée sur une profondeur d'au moins quinze cents mètres, n'a pas tenu compte du signal d'arrêt que lui faisait un officier allemand et a réussi à croiser entièrement la colonne sans dommage pour lui et l'homme qui l'accompagnait ».
Legrain Fernand, du Maquis Bernard :
« Membre de la Résistance depuis deux ans, a dans des moments difficiles, fourni de nombreux renseignements à ses chefs ; n'a pas hésité à héberger des réfractaires et à les loger ; s'est dépensé jusqu'à la limite de ses forces à ravitailler le maquis de jour comme de nuit sans aucun souci du danger qui le menaçait, a été victime des Allemands par l'arrestation de son fils (le 22 juin 1944) et la destruction de sa maison ».
Kirgen Marc. Lieutenant-Médecin (2) :
« Dans la résistance depuis août 1943 à La Charité (Nièvre) dans le maquis depuis mai 1944. Officier d'une valeur exceptionnelle, a participé à toutes les actions du Maquis aussi bien en tant que docteur que guerrier. Les 25 juin à Planchez et 31 juillet à Chaumard, s'est particulièrement distingué en se portant en avant de la bataille et en secourant de nombreux blessés. A toujours fait preuve des plus hautes valeurs morales et militaires ».
Le Lieutenant-Colonel Roche cite à l'ordre du Département, le Capitaine Pelletier Joseph, commandant le 13e Bataillon F. F. I. de la Nièvre.
« Officier F. F. I. des plus qualifiés, d'une haute valeur morale et d'une conscience remarquable.
« Dès le début de juin, a assuré personnellement les opérations de parachutage, de personnel, d'armes et de munitions, avec un dévouement et une compétence incomparables.
« Au cours des parachutages de détachements anglais des formations S. A. S., a effectué des patrouilles, nuit et jour, au milieu de la circulation des Allemands, pour retrouver des isolés parachutés dans l'espace, et grâce à sa connaissance profonde du Morvan, a réussi à mener à bien ces opérations difficiles.
« Ayant été victime d'un accident le 22 juin 1944 (fracture du bras gauche), alors qu'il rentrait d'une opération de parachutage, n'a jamais voulu quitter le maquis et a continué malgré sa blessure à assurer son service.
« Grâce à son ascendant sur la population de la région de Montsauche, a réussi à mettre sur pied le plus gros maquis du Département (deux bataillons de cinq cents hommes) et a facilité en même temps la mise sur pied et le bon fonctionnement du P. C. Départemental de la Nièvre dans ce même maquis.
Longhi Jean, dit Grandjean :
« Le 25 juin 1944, à Vermot, un des groupements placé sous ses ordres ayant été attaqué par des forces supérieures en nombre, puissamment armées, a tenu tête à l'assaillant.
« Se portant de sa personne dans les endroits les plus exposés a, par ses conceptions hardies de manœuvre, su éviter l'encerclement, infligeant de telles pertes à l'adversaire, que celui-ci dût cesser la lutte et renoncer à toute poursuite.
« Chef départemental de la Résistance (Maquis), a continué d'être pour tous le plus bel exemple de courage et de bravoure, notamment aux combats du Camp des Goths le 3 août 1944 et de Crux-la Ville, les 15 et 16 août ».
Lieutenant Marian Tyndiuk :
« Officier de l'Armée Polonaise (3), s'est distingué dès 1941 dans l'organisation de la Résistance. Arrêté et torturé par les Allemands, est demeuré muet malgré d'atroces souffrances. Sitôt relâché n'a pas hésité, bien que dans un état de santé déficient à reprendre son service, au cours duquel il a su prouver ses qualités de chef courageux et son talent d'organisateur. Le 26 août 1944, à la tête d'une poignée d'hommes a interdit l'entrée de Châtillon à une forte colonne allemande, l'obligeant ainsi à se replier ».
Chanel Josette :
« Résistante dès 1940. A aidé constamment et avec le plus entier dévouement un chef de la Résistance. A assuré au risque de sa vie des liaisons dans tout le département de la Nièvre, entre des groupes de combat. A pu, par son courage, recueillir des renseignements précieux chez l'ennemi qui permirent de libérer rapidement Châtillon.en-Bazois lors des combats de la libé. ration » (4)
Henneguier Pierre (dit Julien)
« Capitaine de réserve, est entré en contact avec la Résistance en janvier 1941. Rattaché à un groupe d'action des Forces Françaises Combattantes le 1er avril 1941.
« Malgré une détention d'un mois, le Capitaine Henneguier n'a jamais cessé son activité, qui a redoublé à partir du mois de janvier 1944, où chef de Mission, Action des F. F. C., il se consacre aux sabotages et parachutages.
« Créateur d'une formation des Forces Françaises de l'Intérieur dans la Nièvre, il livre des combats mémorables en particulier du 12 au 16 août à Sancy.
« Le Capitaine Henneguier a toujours fait preuve d'exceptionnelles qualités dans la lutte contre l'occupant qui lui valurent d'être décoré de la Légion d'Honneur et de la Croix de guerre avec six citations » (5).
Moreau Georges, Capitaine :
« Entré dans la Résistance dès la première heure, a participé dans la région de Clamecy à de nombreux sabotages, paralysant ainsi l'action des troupes allemandes d'occupation. A organisé un important maquis, auquel il a insufflé son ardeur guerrière, s'imposant à l'admiration de ses hommes par son courage et son mépris du danger ».
Abbé Henri Bonin :
« Résistant de la première heure, il prit une part très active à l'organisation du Maquis Louis. Aumônier de ce maquis, a, par ses qualités de prêtre, coopéré à porter au plus haut degré le moral de la troupe. A fait preuve en toutes circonstances, de courage et de dévouement » (6).
Berthin Marcel :
« Element d'élite de la Résistance, a, malgré la présence de l'ennemi sur les routes, assuré le ravitaillement du maquis. Combattant courageux et de grand sang-froid a pris part à plusieurs embuscades et fait preuve en toutes circonstances des plus belles qualités de courage et de sacrifice » (7)
Le Berger Louis-Jean :
« Pionnier de la Résistance d'Autun. A organisé le stockage et le camouflage de matériel et d'armes automatiques pour le maquis. Fondateur du Maquis « Maurice » dans la forêt de Saint-Prix, a organisé et mené à bien de nombreux sabotages contre les voies de communications ennemies, en particulier sur les routes N. 73 et 78. A organisé le bataillon F. F. I. de l'Autunois et en a fait une unité solide et disciplinée, qui a participé aux combats de Saint-Léger-sous-Beuvray les 3 et 4 septembre 1944, à la prise d'Autun les 8 et 9 septembre et aux opérations de nettoyage, en particulier à Cordesse ».
Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile d'argent.
Signé : le Général d'Anselme.
Champenier Roland :
« Chef des maquis F. T. P. de la Nièvre, officier de grande valeur, résistant de la première heure, a pris dès 42, l'initiative de créer des maquis dans le Cher, puis dans la Nièvre. A été jusqu'en mai 1944,l'organisateur de toutes les opérations de sabotage et de guérilla dans la région de Nevers, puis à partir de cette époque, a travaillé en étroite collaboration avec les chefs des autres groupements. Animé par une volonté ardente de chasser l'ennemi qui traquait sa famille, a participé à de nombreuses actions, arrachant en particulier des mains de la Gestapo six de ses soldats et infligeant, le 1er juillet 1944, des pertes considérables aux Allemands à la bataille de Donzy, dans laquelle son père, qui combattait dans les rangs de la Résistance, trouva une mort héroïque. A pris une part active à la libération de la Ville de Nevers, où il entra le premier à la tête de ses troupes. Toujours à la pointe du combat, magnifique entraîneur d'hommes, est un bel exemple de l'audace et de l'énergie française ».
Leyton Georges-Edmond, dit Socrate:
« Lieutenant des F. F. I., 8e Région, commandant de maquis légendaire, d'un courage et d'une bravoure indomptables. Toujours sur la brèche, a réussi avec son unité de multiples opérations qui se sont soldées chaque fois par des pertes impressionnantes pour l'ennemi. A la Selle, le 10 août 1944, au cours d'une inspection de son unité, installée en embuscade, a été mortellement blessé dans une rencontre avec l'ennemi, alors que, comme de coutume, il était le premier à l'action. A rendu le dernier soupir en demandant à ses hommes de suivre son exemple et en criant: « Vive la France ! »
Gey Marcel :
« Patriote ayant apporté à la Résistance toute son activité et tout son dévouement. Fut en liaison étroite avec le Maquis Socrate dont il était l'homme de confiance et qu'il ravitailla constamment depuis son arrivée dans la région d'Arleuf. Dénoncé à la Gestapo, arrêté le 5 juin 1944 par cinq miliciens qui logeaient à la maison Billard, de Château-Chinon, Gey subit d'odieuses tortures durant toute la nuit, dans des circonstances encore restées mystérieuses.
« Assassiné lâchement à l'aube de la journée mémorable du 6 juin, certainement sans avoir donné le moindre renseignement aux Allemands et aux miliciens, susceptible de faciliter une action militaire contre le Maquis Socrate. Haut exemple de patriotisme, de courage et d'abnégation » (8).
________
(1) En tuant plusieurs à bout portant (combat de la Verrerie) .
(2) Citation à l'ordre de la Division decernNe par le lieutenant-colonel Alain, commandant la subdivision de Mâcon.
(3) Décoré de la « Virtuti Militari ».
(4) Citation décernée par le lieutenant-colonel Méresse
(5) Citation accompagnant l'attribution de la Médaille de la Résistance.
(6) Citation décernée par le lieutenant-colonel Roche a l'ordre de la Brigade.
(7) A l'ordre de la Région.
(8) Projet de citation lu par un F.F.I. lors de l'inauguration—le 6 juin 1946—du monument qui marque l'emplacement ou le corps fut découvert. Sur la pierre on lit :
A la mémoire du patriote Marcel Gey,
né à Anost, le 31 octobre 1899,
assassiné ici, le 6 juin 1944, à l'aube
par les nazis et leurs complices
après avoir été odieusement torturé.
14:40 Publié dans E. IIIème partie: Maquis du Nivernais et du Morvan | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








Commentaires
... Les liens entre les hommes des maquis étaient de ceux qui résistèrent à l’épreuve des années.
Jean Longhi, avec le maquis Camille et d’autres associations, cultivèrent ces liens jusqu’à aujourd’hui avec patience et ferveur, comme si renoncer à la mémoire, c’était voir mourir une seconde fois ses frères de combat...
Extrait d'un hommage de Christian Paul à Jean Longhi :
http://www.christian-paul.net/pourLaNievre/index.php?idE=3&idR=15&vDoc=295
Ecrit par : jean michel Picard | 02.06.2006
merci tou cela ma beaucoup aider pour le concour de la resistance de 3eme. mel de cercy la tour
Ecrit par : mel | 18.03.2008
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