12.05.2006
CONCLUSION
Nous avons seulement effleuré un vaste sujet et nous regrettons vivement que le temps et les moyens nous aient manqué pour écrire un livre reflétant véritablement le dur labeur des maquisards bourguignons et nivernais. Car si le Charollais, le Morvan et l’Auxois contribuèrent puissamment à briser nos chaînes, maillon après maillon, l’Autunois, l’Auxerrois, le Châtillonnais, le Dijonnais, le Duesmois, le Louhannais et le Sénonais apportèrent, eux aussi, leur « eau » au moulin de la Résistance qui broya l’ivraie allemande.
Ces chroniques — modeste bouquet de gloires représentent cependant la somme de toutes les énergies et de tous les héroïsmes de vingt mille F. F. I. ou F. T. P. Leurs éclatantes victoires ravisèrent les couleurs de notre Drapeau sur les champs de bataille. Elles démontrèrent péremptoirement aux chefs de la Wehrmacht qui croyaient peutêtre au mythe de la dégénérescence française, cher aux théoriciens racistes, que nous n’étions pas encore mûrs pour l’esclavage.
Chacun de nos « Soldats en Sabots » fit reculer l’ « invincible » fantassin d’Outre-Rhin, armé de pied en cap. Entraîné dans son élan par un grand idéal de justices il entendit l’écho de cet émouvant testament d’un Combattant de 1914 s’adressant ainsi à ses enfants :
« Mes chers petits, lorsque vous verrez, dans la rue, un papa marcher en tenant, par la main droite, une petite fille, et, par la main gauche, un petit garçon, bien serrés contre lui, dites-vous : Voilà le papa que nous avions. Il est mort pour que nous puissions continuer à vivre en bons Français. »
Fidèles à cet exemple, les fils de France ont été dignes de leurs Pères. Dans cette reconquête de la liberté, et pour la naissance d’une ère de paix, bon nombre d’entre eux sont restés en chemin, épuisés au fond des cachots et des camps de concentration, fauché sur les tertres ou au creux des carrières, ou ont agonisé au milieu des bleuets, des marguerites et des coquelicots émaillant leurs plaines ou leurs montagnes natales âprement défendues. Afin de ne pas trahir les martyrs qui menèrent une lutte sacrée, il faut que notre union demeure indissoluble. De la terre saturée du sang versé par tous les hommes de bonne volonté, doit jaillir la source pure de la concorde entre les Nations.
Mhère (Nièvre), Janvier 1947.
18:20 Publié dans F. Quatrième partie - Atrocités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








Ecrire un commentaire