12.05.2006
CRIMES DE LA GESTAPO
Trois des crimes commis par la Gestapo de Chalon-sur-Saône, dont le chef était le féroce Kruger, de Posen, touchent de près le Morvan. Ce sont les assassinats de M. l’Abbé Bornet et de MM. Henri et Jean Dollet. Voici les faits dans l’ordre.
Fin mai 1944, une nouvelle qui causa beaucoup de consternation se répandit comme une traînée de poudre dans la petite commune de Glux, bien connue des excursionnistes qui y admirent le modeste berceau de l’Yonne capricieuse. M. l’Abbé Camille Bornet, 48 ans, Curé de la paroisse, desservant Saint-Prix, Officier de réserve, prisonnier des deux guerres — il était revenu à Glux en 1942 — très aimé pour son extrême affabilité, avait été arrêté par la Gestapo à la suite d’une dénonciation perfide, où il fut étiqueté « terroriste » pour avoir porté la communion à des maquisards.
Tout d’abord emmené à Nevers d’où il fit connaître cette dénonciation à sa mère par un petit mot qu’il lui adressa le 2 juin, deux jours après son incarcération, et dans lequel ils s’en remettait à la Providence en disant simplement : « Que la volonté de Dieu soit faite », il fut transféré le 6 à Chalon-sur-Saône (l). Le 9, les Allemands informèrent le surveillant-chef de la maison d’arrêt que M. l’Abbé Bornet s’était donné la mort en se pendant dans sa cellule. S’en étant aperçus, ils l’avaient dépendu, mais en vain. Il était décédé après quarante-huit heures d’une très douloureuse agonie.
Cette thèse qu’il est impossible d’admettre apparaît en réalité entièrement cousue de fil blanc, les bourreaux n’étant pas à un mensonge près. Un premier témoignage, celui d’un surveillant alsacien qui fut seul autorisé par le soldat allemand infirmier à s’approcher du corps du malheureux prêtre, déclare formellement qu’il a vu M. l’Abbé Bornet « râlant, une mousse sanglante aux coins de la bouche, mais qu’il n’a pas remarqué le sillon de strangulation qu’il aurait dû avoir s’il s’était véritablement pendu ».
Un second témoignage, provenant d’un ancien co-détenu des Allemands éclaire cette affirmation en révélant que le matin même, M. l’Abbé Bornet avait été interrogé par la Gestapo. On sait ce que cela veut dire. Le prétendu suicide est une sinistre mise en scène pour faire excuser un massacre. Le même témoin ajoute que leur victime est restée sans aucun soin : « Si M. l’Abbé Bornet avait été conduit à l’hôpital et soigné convenablement, il ne serait pas mort ».
N’est-ce pas accablant pour les soi-disant « surhommes »?
Ceux-ci se conduisirent aussi « brillamment » le 19 août 1944 à Luzy. La veille, un de leurs convois avait été attaqué à la Goulette, sur le territoire de la commune de Millay. En représailles, ils détachèrent un groupe de la garnison d’Autun et s’étant présentés chez le Maire de Luzy, le Docteur Henri Dollet, 48 ans, ils l’avertirent qu’ils le prenaient comme otage et qu’ils allaient incendier une vingtaine de maisons.
Le Docteur Dollet parvint à les détourner de cet acte de banditisme. Pendant son interrogatoire, son fils Jean, âgé de 19 ans, étudiant en médecine, qui se trouvait hors de la demeure de ses parents et s’apprêtait à y rentrer, vit celle-ci cernée par les soldats. Affolé, il s’enfuit en courant. Les Allemands, le rattrapant, l’arrêtèrent à son tour.
Prétextant que la Mairie de Luzy était en relation téléphonique constante avec le maquis voisin, ce qui était faux, le Docteur Mollet et son fils emprisonnés primitivement à Autun, furent transportés à Chalon.
Le 26 août, les habitants de Fragnes et de Mellecey à quelques kilomètres de la ville, entendirent des fusillades. Les meurtres venaient d’être perpétrés, il est navrant de le dire, par des Miliciens. En effet, ceux-ci depuis trois ou quatre jours, accompagnaient les agents de la Gestapo se dirigeant vers le quartier allemand pour ressortir quelques instants après avec leur cortège de martyrs. Il y en eut ainsi cinquante qui tombèrent presque à la veille de la libération (2).

(1) Ainsi que M. Emile Blanchot, 40 ans, menuisier.
(2) Le jeune Dollet blessé à la cuisse fut abattu d’une rafale de mitraillette dans la nuque en tentant de se relever
18:15 Publié dans F. Quatrième partie - Atrocités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








Commentaires
où puis-je trouver "Ceux de la Résistance" de Henri Picard ?
Ecrit par : schmied | 19.02.2009
mess oncles étaient dans la résistance aux fréchauts avec le capitaine louis,qui est mort en manipulant un mortier paracchuté avec 6 de ses camarades,je crois,et ils étaient tous sous les ordres du docteur dollet au chatelet qui fut assassiné ,par le boucher kruger,meme genre que barbie,et son fils aussi,voilà,je voulais savoir s'il y avait des résistants qui avaient connus mes deux oncles renè et camille crepey,et il n'y a pas eu de photos des hommes du docteur dollet avec la seule photo du capitaine louis assis à son bureau,merci de me contacter alain,ma mère est angèle la soeur de jean et de camille décèdés ,tous les deux.alain.
Ecrit par : raveneau | 20.09.2009
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