12.05.2006
Ceux de la Résistance

qui se sont passés il y a plus de 60 ans.
Si ce passé s'éloigne chaque jour davantage,
les souvenirs sont gravés dans les mémoires.
Ne les perdons pas, transmettons-les.
Ce sont les Hommes qui font l'Histoire,
les historiens l'écrivent...
(paroles d'Astier de la Vigerie), reprise plus tard par Joan Baez et Léonard Cohen.
Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute
Chantez, allez chantez, chantez compagnons
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29.06.2005
AVANT-PROPOS
« Aucun peuple n’a jamais porté aussi haut que le peuple Anglais le sentiment de la dignité humaine. Il a pu mériter des haines, il a toujours commandé l’estime. Il a donné au monde des exemples admirables, non seulement de travail, de persévérance, d’initiative individuelle, mais aussi d’amour de la liberté, de la résistance à l’oppression, de fidélité inébranlable au devoir. La ruine de l’Angleterrre ne serait pas seulement une défaite pour la liberté dans le monde, le monde y perdrait quelque chose de sa noblesse ».
En 1941, peu avant l’entrée en guerre de la Russie, alors que personnellement nous étions encore « lycéen » et que notre Professeur d’anglais nous avait propos é un sujet de rédaction sur l’Angleterre, ces lignes de M. Monod, ciitées à propos d’un passage de Taine , nous tombèrent sous les yeux.
L’eût-il fallu, elles auraient ranimé notre foi envers le dernier bastion européen qui se dressait contre les forces du mal et duquel nous attendions tous le salut de notre pays.
Le vaisseau « Grande-Bretagne » a donné de la baNde, mais, grâce à Dieu, il n’a pas sombré ; autrement la Résistance française n’eût pas connu cet essor prodigieux qui fut décisif.
Une champignionnière de maquis poussa sur notre territoire foulé, cependant, de la Picardie au Languedoc et de la Normandie à l’Alsace, par nos conquérants provisoires. Sous le regard de l’ennemi impuissant, cette légion insaisissable grandit au cœur des bois, malgré la faim, malgré le froid, les tortures et la mort, tandis qu’à Londres, le Général de Gaulle symbolisait tous les espoirs.
Quatre années d’efforts communs furent nécessaires pour vaincre le royaume de la croix gammée dont un gigantesque modèle avait été érigé à Pannecière, en plein Morvan, et lancé en défi vers le Ciel. En dépit de quelques malentendus inévitables, les Français de toutes classes et de toutes opinions, se sentant enfin solidaires les uns des autres, se côtoyèrent fraternellement et se confondirent dans le même anonymat pour la même cause.
Songeons à ne pas décevoir ceux ou celles qui ont tout offert et tout sacrifié, ceux ou celles qui n’ont plus que des larmes à verser à côté de leur maison ou de leur foyer détruits, et pensons constamment à ces paroles de Michelet : « Ce qui fait la vie du monde, c’est le souffle de la France en quelque état qu’elle soit ».
Mhère (Nièvre), 25 Mai 1946.
Henri PICARD,
Membre de la Société Française
des Historiens Locaux.
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