27.12.2005
P. L'AVENTURE DU SERGENT BILL WATSON
« Le 3 mai 1944, le sergent australien William R. Watson, surnommé Bill, se jeta de son bombardier en flammes aux environs de Troyes, unique survivant des sept membres de l'équipage. Il put se débarrasser aussitôt de son parachute et se dissimuler dans une forêt où il échappa aux recherches.
« De là il gagna Sens à pied, marchant la nuit, se cachant le jour et se conduisant à l'aide de sa carte et de sa boussole (l). Pour ne pas trop éveiller l'attention, il avait arraché les insignes de son grade et les boutons de son uniforme. A Sens, il réussit à prendre le train jusqu'à Dijon, en évitant de parler ou en se servant du peu de français qu'il connaissait. Dans son compartiment, il se trouva en compagnie de soldats de la Wehrmacht ; c'étaient les premiers Allemands, qu'il voyait ; il les avait jusqu'alors seulement bombardés.
« De Dijon, il se rendit à Chalon-sur-Saône, où il entra dans une boulangerie pour avoir du pain ; la boulangère lui demanda des tickets. Voyant qu'il n'en avait pas, et se trompant sur son accent, elle le prit tout simplement pour un Allemand et lui donna satisfaction en lui disant de ne plus revenir. Bill était heureux de raconter cet épisode de son voyage mouvementé.
« Ensuite, toujours guidé par sa boussole, il reprit sa marche, car son idée était de se rendre en Espagne pour retourner en Angleterre.
« Arrivé à Varennes-le-Grand, il s'arrêta au Café Chalas. Le cafetier le conduisit à la Mairie où une jeune fille le dirigea vers deux chefs de la Résistance : Camille Verguet et Marcel Boucassot — de son nom de guerre, Marcel Bonnot. — Ce dernier l'amena à une heure du matin à M. Lafoy (Lieutenant Dubois) de Saint-Cyr, qui le remit à Mme et M. Janin, restaurateurs. I1 resta chez ces braves gens jusqu'au 6 juin, date à laquelle il partit rejoindre le maquis avec tous les jeunes gens de la région.
« Pendant son séjour parmi nous, Mme Janin fit tout son possible pour que ses journées ne fussent pas trop tristes malgré les précautions qu'il fallait prendre. On dut d'abord l'habiller car ses vêtements avaient été bien usés par son odyssée. Une personne amie, Mme Merlin, lui prêta un pantalon de son fi1s ; puis le Lieutenant Dubois lui procura un costume. Bill mesurait un mètre quatre-vingt-quatre et avait une corpulence d'athlète ; enfin, le pantalon allongé, il se trouva correctement mis.
« Le secrétaire de mairie, Louis-Paul Merlin, le pourvut de papiers en règle, où il était signalé comme sourd-muet. Ce jeune Français, qui parlait assez bien l'anglais, allait tous les jours lui tenir compagnie avec sa mère et ses sœurs. Une bonne cordialité s'était établie ; Bill était gâté de toutes les façons, chacun s'ingéniait à lui rappeler sa famille si éloignée de lui.

« Il recevait également beaucoup de visites de jeunes gens et de jeunes filles de la Résistance et le Lieutenant Dubois venait discrètement le chercher pour le conduire à la baignade.
« Bill allait aussi passer des soirées dans la famille de Louis-Paul Merlin. Il apprenait alors à parler et à chanter en français. Un autre de ses plaisirs était de tuer les doryphores ; il y mettait beaucoup d'application !
« Un épisode tragi-comique rompit ce calme. Un jour Mme Janin fut prévenue que les Allemands cerneraient le pays au cours des prochaines vingt-quatre heures. I1 fallait à tout prix mettre Bill en lieu sûr. Mme Janin se concerta avec des amis. Où devait-on le cacher ? Dans le clocher de l'église ? Dans la chambre de Monsieur le Curé ? — lequel, a, lui aussi, rendu des services à la Résistance. — Tout le monde tomba finalement d'accord pour le mettre tout simplement dans un champ de colza où le pauvre soldat passa la nuit et souffrit toute la journée du lendemain, car la chaleur était torride.
« Ce ne fut qu'une fausse alerte ; on ne vit venir personne. Le soir, il se désaltéra en buvant une grande bouteille de thé, et il rit le premier de sa journée de camping forcé.
« Le 6 juin arriva très vite. Avec la joie causée par le débarquement, l'espoir renaissait. Le Lieutenant Dubois, ayant rassemblé ses hommes, décida de prendre le maquis. Tous partirent le 6 au soir et, avec eux, notre cher Bill. Il y eut des adieux touchants. On se quitta en pleurant.
« Hélas ! de sombres jours attendaient notre tranquille pays de Saint-Cyr. Les allées et venues, malgré les précautions prises, avaient été remarquées par des personnes malveillantes, qui n'ont pas encore été identifiées avec certitude. Alors que nous étions à cent lieues de redouter pareille chose, le 12 juin, à sept heures et demie du matin, le pays était envahi par une centaine d'Allemands qui, sur dénonciation naturellement, venaient perquisitionner chez Mme Janin et chez M. Laforce. Obligeant M. Janin à se lever, ils le battirent pour le contraindre à avouer ce qu'il savait sur la Résistance, mais il se tut.
« Chez M. Laforce, malheureusement, les Allemands trouvèrent un cachet de la Mairie qui avait été pris par la Résistance en même temps que des tickets d'alimentation. Immédiatement, ils se firent conduire par Mme Laforce chez M. Merlin. Ils interrogèrent celui-ci pendant deux heures, l'appelant « Secrétaire du Maquis » et voulant lui faire dire qu'il arrivait d'Angleterre. Enfin, ils l'emmenèrent et le ramenèrent jusqu'à sa porte, le soir, vers cinq heures, (ses parents crurent qu'il rentrait !) pour repartir aussitôt dans la direction de la Laiterie.
« Là, ils s'emparèrent de M. Petitjean, dénoncé pour avoir conduit des armes à La Ferté le jour du débarquement, et pour en avoir caché dans un caveau. M. Petitjean fut, en se sauvant, blessé à un bras et à une jambe. Les Allemands incendièrent sa maison et sa laiterie, et il disparut avec Paul Merlin.

« Immédiatement, M. Merlin père et Mme Petitjean entreprirent, l'un sur son fils, l'autre sur son mari, des recherches qui demeurèrent vaines. Cinq mois après, le 17 novembre, Mme Petitjean apprit la vérité par sa belle-sœur qui avait lu, sur le journal, le signalement des deux malheureux, suppliciés au château de la Vernotte, en Bresse louhannaise il était indiqué que le plus petit des deux hommes exécutés avait le bras en écharpe. Grâce à des échantillons de tissus prélevés sur leurs habits, la preuve du massacre fut établie. Ils avaient été fusillés dix jours après leur arrestation, le 22 juin, dans un bosquet de vernes, à quelques mètres du château, en représailles de quatre Allemands tués quelques jours auparavant dans les parages, lors d'une bagarre avec les Maquisards de Louhans. I1 convient de signaler à la louange de ces Maquisards que tout fut fait pour nos deux malheureux ; à leurs risques et périls, ils les enterrèrent après leur avoir rendu les derniers devoirs et les avoir mis dans des cercueils, malgré la défense expresse des Allemands.
« Après les arrestations, la vie avait continué à Saint-Cyr ; Mme Janin ne se lassait pas de recevoir les résistants et de les restaurer de son mieux. Un après-midi, nous eûmes la visite de Bill. Nous fûmes bien contents de le revoir, mais il fallut redoubler de précautions car hélas ! nous avions eu une dure leçon.
« Le 4 août, il revint, accompagné cette fois d'un pilote de chasse Canadien : John E. Trupp, tombé cinq mois plus tôt en Belgique. Du maquis de Charolles, il était passé à Saint-Gengoux, puis a Corlay, en vue de son rapatriement, car un avion devait venir le prendre bientôt. Tous deux passèrent encore trois bons jours en promenades au bord de l'eau, gâtés par les pensionnaires de Mme Janin, dont M. Meurier qui, résistant lui aussi, se cachait avec sa femme. Et, le 7 août au soir, une voiture de la Résistance vint chercher nos alliés pour les conduire à Manziat. Nous voyons toujours ce pauvre John qui, ayant été précédemment pris dans une rafle à Lille, ne vivait plus. Les onze aviateurs qui étaient avec lui dans une maison amie avaient été fusillés ; seul, il avait réussi à se sauver en sautant par une fenêtre.
« Après des adieux émouvants et des promesses de tenter de se revoir un jour, nos deux braves aviateurs sont partis vers l'Angleterre où les attendaient de nouvelles prouesses. Je crois qu'ils conserveront un bon souvenir des jours qu'ils ont vécu en compagnie de vrais Français qui étaient très heureux de pouvoir accomplir leur devoir ».
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(1) Cette boussole que le Capitaine Guyon nous a montrée, n'était guère plus grosse qu'une pièce de 5 centimes.
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O. LES PARACHUTAGES, LES ARMES ET LES ATTERRISSAGES
La résistance active n'aurait jamais pu atteindre son plein développement et prendre l'ampleur que nous avons connue si les techniciens alliés n'avaient mis au point, dans les moindres détails, ce qui allait permettre de prendre l'ennemi à revers, tandis qu'il était attaqué de front: les parachutages; parachutages d'armes et de munitions, parachutages de vivres et de médicaments, de postes de T. S. F. « Biscuits, etc... Qui aurait imaginé en 1940 une pareille pluie salvatrice d'engins et d'objets de toutes sortes ? Comment les opérations étaient-elles organisées dans ce domaine ? — Tout d'abord, c'était le chef départemental du service S. A. P. (1) qui prenait en mains la prospection des terrains aptes à recevoir les armes (Arma) ou les hommes (Homo) (2), et la constitution des équipes réceptionnaires, chacune de celles-ci ne comprenant pas plus de dix à douze hommes.
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(1) Section Atterrissages-Parachutages (en Saône-et-Loire) .
(2) A la fin il y eut des descentes de compagnies de parachutistes, notamment à Saint-Forgeuil. Elles furent reçues par le Commandant Goujon et le Capitaine Guyon (80 hommes en deux soirs), ainsi qu’à la Chapelle de Bragny et à Flagy.
Le terrain Arma devait être un espace dégagé, représentant au moins un carré de quatre cents mètres de côté, pouvant toutefois être coupé de haies ou parsemé de quelques arbres. Il n'était pas nécessaire qu'il fût absolument plat. Après l'avoir choisi on transmettait son emplacement à Londres, étant donné qu'on avait établi des points de repère sur la carte Michelin, noté les coordonnées en Est et en Nord, la distance en millimètres à la préfecture ou à la sous-préfecture la plus voisine, le nombre de containers ou tubes qu'il serait possible d’y lancer: sept ou quinze selon les moyens dont on pensait disposer pour camoufler le matériel (1).
Ex.: Arma - carte 77 - 25 Est 3,20 - 65 Nord 49,60 - 15 mm. Lyon- 15 T. Le service S. A. P. Anglais faisait ensuite une enquête et envoyait des avions survoler les lieux. Ceux-ci étaient alors homologués ou non. Les parachutages étaient annoncées par les messages personnels, deux ou trois phrases désignant chaque terrain.
Qui n'a pas souri, en les entendant, lorsqu'il y était question de pernod, de panthère, ou de clystère et quand la magnéto parlait à la bougie... Plusieurs d'entre eux cachaient sous leur forme badine et amusante, comme certaine devinette (2), une nouvelle considérable: l'expédition de quelques dizaines de millions pour assurer la vie des maquisards « Bébert a un chapeau vert. Le chapeau vert de Bébert est d'une grande importance » (3) .
Lorsque le message émis à 13 h. 30 ou à 19 h. 30 était répété à 21 h. 15 ou 21 h. 30, l'opération était confirmée. Une équipe spéciale se préparait aussitôt à atteindre l'avion qui était susceptible d'arriver une demi-heure après... ou seulement à 3 heures du matin. Elle était divisée en deux groupes, le chef d'équipe et trois hommes chargés du balisage, et cinq à huit hommes ayant pour mission d'assurer la protection du terrain à ses limites. L'attente se faisait en silence et il ne fallait pas fumer de cigarettes par crainte des patrouilles allemandes. Dès que l'on entendait le ronronnement de l'avion, qui venait contre le vent, trois lampes rouges étaient allumées à quatre-vingts ou quatre vingt-dix mètres les unes des autres au milieu du terrain. Auprès de la dernière (direction du vent) se tenait le chef d'équipe, qui, avec une lampe blanche, donnait la lettre morse, connue de lui seul ou de son adjoint. L'avion ayant capté ce « mot de passe » répondait par un feu rouge et lâchait son chargement en décrivant un ou deux cercles à cent cinquante ou deux cents mètres au-dessus du sol. Les containers, soutenus par des parachutes aux couleurs variées, descendaient lentement. Un deuxième, puis un troisième avion, etc., apparaissaient à leur tour selon que la phrase était passée une, deux ou trois fois.
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(1) Un container pesait 150 kg.
(2) Pourquoi la poule ne pond-elle pas d'œufs en Mésopotamie ? Parce qu'elle voit le Tigre et l'œuf rate (Euphrate). (3) En Saône-et-Loire, les principaux messages furent les suivants: Prenez l'ascenseur—Voyez le pompier de service —Je tire ma révérence — Le buste est en marbre —Vive les maquis — Soldat léve-toi—Les bombes sifflent—Le brocanteur est habile — L'étable est inhabitable — Il brille par son absence—Le ver à soie est en chômage _ Il faut repiquer les radis—La chicorée est améliorée —La laitue est romaine —Figaro se sert de lames Gillette—Il gagne son avoine—La Fontaine est né fabuliste, etc...
Certains parachutages ne se déroulèrent pas sans imprévu, comme le premier qui eut lieu à Sennecey-le-Grand. Ie 11 février 1944, vers deux heures du matin. En effet, l'avion prit, pour le balisage convenu, les trois lampes rouges qui signalaient des travaux sur une route en réparation et il largua sa cargaison sur la ville. Des containers tombèrent dans les rues et le cimetière (Clos Bouchard, Jardin des Daisés, Place de la Palecte, Cour de l'Hospice, Avenue du 4-Septembre, rue Niepce).
Les maquisards, alertés, trouvèrent des gens en train de croquer du chocolat, tandis que d'autres avaient récupéré des vêtements. Mais à la barbe des Boches, presque tout le matériel put être emmené (1). Les cordes des parachutes pouvaient être séparées des caisses ou des tubes au moyen d'une pince universelle. Les containers étaient divisés en cellules (1. 2. 3. 4. 5. — A. B. C. D. E.). Les containers de type H renfermaient 63 kilos d'explosifs avec accessoires, 12 mitrailleuses Sten avec 3.600 balles; 5 S1 en et 40 grenades mills: 12 grenades de plastique et 5 pistolets; 192 « incendiaires », etc... Les containers de type C contenaient 2 fusils-mitrailleurs Bren et 2.000 balles; 2 fusils anti-chars; 9 fusils et 1.350 balles; du ravitaillement (C. 12), etc...

« Tandis que la guerre se prolonge, le problème de la victoire éventuelle devient de plus en plus une question d'initiative, de courage et de ressource de la part des peuples dont le pays a été envahi par les Allemands.
« Cette question a déjà été résolue par l'entrée en scène d'un nouveau genre de soldat. Ce nouveau soldat ne se distingue normalement pas du civil; ses armes et son organisation sont totalement différentes des armées normales. Il se rend trop bien compte qu'il fut vaincu dans la première phase de cette guerre par des machines: le char d'assaut, le Stuka — Il se vente donc en développant une technique spéciale pour écraser les machines.
« Ce container de parachute vous procure le moyen d’asséner un coup contre la tyrannie nazie. Avant de vous servir du matériel, étudiez soigneusement ses qualités et possibilités d'emploi effectif. ll existe dans les divers containers plusieurs combinaisons de matériel pour des buts généraux ou spéciaux. Chaque container contient un nombre de paquets ou de boîtes sur lesquels sont marqués deux chiffres séparés par un trait oblique. Le premier chiffre vous indique la quantité de l'article contenu dans la boîte ou le paquet, le second correspond au numéro du paragraphe de ce livret qui vous dit ce qu'il y a comme contenu et comment l'utiliser ».

Il existait quatre sortes d'explosifs : l'explosif plastique, de couleur jaune ou noire, en cartouches de cent vingt grammes ; l'explosif 808, jaune, également en cartouches de cent vingt grammes ; la gélignite, brunâtre, en cartouches de deux cent quarante grammes' et l'ammonal noir, en cartouches étanches.
Un bon exemple des qualités coupantes d'une cartouche de plastique est fourni par son utilisation sur l'essieu avant d'une automobile ou d'un camion. Une application typique de son effet destructeur sur un objectif de construction légère est démontrée quand on a placé la cartouche dans la queue d'un avion. Si l'explosion a lieu en cours de vol, elle suffira à fracasser la queue de l'avion et à précipiter celui-ci au sol.
« En forant un trou de la dimension d'une cartouche dans une briquette de charbon où l'on introduit du plastique, un détonateur et un allumeur, on obtient un autre exemple de cet effet destructeur. Si ce dispositif est placé dans le foyer d'une chaudière il explosera et le souffle de l'explosion endommagera sérieusement le foyer, provoquant des fentes dans la chaudière.
« Deux cartouches de plastique, modelées en un anneau de quinze centimètres de diamètre extérieur, perforeront une plaque d'acier doux de quinze millimètres d'épaisseur. Le diamètre du trou sera de seize centimètres environ.
« Une pareille charge placée sur la paroi d'un réservoir important de carburant d'un wagon citerne ou l'extérieur d'un transformateur électrique donne un exemple caractéristique de ce qu'on peut faire.
« Si les cartouches sont façonnées en un bloc rectangulaire de 100 m/m. * 50 m/m. * 30 m/m. elles couperont un rail de chemin de fer. Enfoncées dans un tube d'acier, elles détruiront une station émettrice de T. S. F.
« Trois cartouches seront utilisées contre des machines ou de l'outillage d'usine. Contre les automobiles blindées et les chars, on emploiera une charge supérieure, dix cartouches perforant une tôle blindée de six à sept centimètres d'épaisseur ».
Parmi les accessoires pour détoner les explosifs, le plus important fut le crayon allumeur à retardement. Cet engin était de couleur variable, selon le retardement à obtenir : noir pour dix minutes, rouge pour une demi-heure, blanc pour deux heures, vert pour six heures, jaune pour vingt heures et bleu pour trente heures (2).
Au nombre des fournitures diverses figuraient : des revolvers automatiques ; des couteaux à cran d'arrêt ; des lampes électriques avec piles de rechange, des boussoles ; des pansements ; des paquets de nourriture concentrée, qui contenaient aussi des cachets pour purifier l'eau et des pilules fortifiantes de benzédrine ; des matraques ; de la pâte abrasive ; des sacs de sable ; des tournevis, et... détail cocasse, de la poudre irritante, genre poil à gratter. Cette poudre, composée de paille de fer pulvérisée, devait être saupoudrée en petite quantité sur les caleçons ou à l'intérieur du col ou de la manche des vêtements. Quelle bonne farce pour Fridolin !
La mitrailleuse Sten, arme efficace pour un combat à faible distance, se chargeait avec des cartouches de type Luger, de 9 m/m., type fabriqué par les Américains, les Anglais, les Belges et les Allemands.
Les maquis furent dotés, en outre, de piats (arme anti-char efficace pesant 20 kilos) et de bazookas qui rendaient les mêmes services.
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(1 ) Après distribution une partie en fut cachée dans le caveau de Saint-Ambreuil.
(2) Il y avait aussi des engins explosifs aimantés dont certains étaient submersibles et utilisés contre les péniches en fer. Ils explosaient avec un retardement variant de 6 heures (rouge) à 60 heures (bleu clair) et 8 jours (violet).
* *
Le dynamique Capitaine Robert Guyon (de son nom de guerre Buisson), vingt-quatre ans, morvandiau de Millay, du côté maternel, fut l'un des chefs du Service S. A. P. de Saône-et-Loire. Engagé dans l'aviation en 1939, il se trouva au début de la guerre en Afrique du Nord, puis passa dans l'artillerie de l'Armée de l'Armistice, et à sa démobilisation, dans la Résistance qu'il anima à Saint-Ambreuil, Varennes-le-Grand et Laives, avec l'adjudant Pierre Baron, le Capitaine Boucassot, le Lieutenant Dubois et l'Adjudant Thibert.
Le Capitaine Nancey (Jeannot), chef départemental, étant traqué par la Gestapo, le Commandant « Goujon » (Jarreau) se rendit à Lyon pour présenter le Capitaine Boucassot au Commandant Paulette, chef régional, qui l'agréa dans l'organisation du service avec le Capitaine Guyon. Ceux-ci accueillirent la mission du Général Kœnig dont l'un des membres — le Commandant Kervoline participa à des destructions importantes.
Le Capitaine Guyon sabota, avec ses camarades, les pylônes électriques de Givry et de La Chapelle (avec le Lieutenant Paulin) et le 23 juin 1944, concourut à la capture retentissante d'un milicien en pleine ville de Chalon, au bar P..L..M.
Parti ce jour-là en voiture de Saint-Gengoux, à dix-huit heures, le Capitaine Guyon, escorté du Lieutenant Perrin et de quatre hommes sous ses ordres, arriva à Chalon vers dix-neuf heures, après une crevaison à Messey. Il arrêta sa voiture près du bar, en bordure du trottoir opposé à ce dernier, et les maquisards entrèrent dans l'établissement où, à midi, le Capitaine avait déjeuné à côté du milicien qui lui avait été signalé. L'un des soldats fit tomber son béret et, se relevant, sortit son revolver pour arrêter le collaborateur qui fut conduit au P. C. du Commandant Guillaume, chargé de l'épuration.
Le lendemain, on pouvait lire dans le journal « Le Progrès », l'entrefilet suivant :
« Un homme du service du Maintien de l'Ordre a été enlevé le 23 juin vers 20 h. 30, au restaurant P.-L.-M. — angle de l'avenue Victor Hugo et rue Rougeot — par une bande de terroristes connus.
« Si cet homme n'est pas de retour au P. C. des forces du Maintien de l'Ordre à Chalon-sur-Saône, le dimanche 25 juin, à 8 heures au plus tard, les familles des auteurs du rapt, ainsi que les membres des organisations terroristes arrêtés, seront passés par les armes à raison de cinq personnes chaque jour.
« Cet arrêt sera appliqué à partir de 10 heures, dimanche 25 juin ».
Cet odieux chantage, plaidant le faux pour savoir le vrai, n'eut pas d'effet. Il est cependant navrant de constater que l'aberration de certains Français était parvenue à un degré si abject.
Au service S. A. P. appartint également un résistant de l'Ain, M. Aimé Broyer (Capitaine « Mémé »), salaisonnier à Manziat, petit village séparé seulement de la Saône-et-Loire par la Saône.
M. Broyer, qui est modeste et n'aime guère narrer ses actions, fut fait prisonnier en 1940. Evadé en 1949, il adhéra aux M. U. R., et forma des sizaines dans les cantons de Pont-de-Vaux et Bagé-le-Châtel. Ayant assisté à un atterrissage sur le terrain « Marguerite », face à Saint-Jean-le-Priche, il fut délégué pour prospecter de nouveaux aérodromes improvisés dans les prairies de la Bresse. Ce fut le terrain « Aigle » entre Asnières et Manziat, au lieudit « La Montagne » (d'où s'envolèrent pour Londres le Général de Lattre de Tassigny, M. Edouard Froment et de nombreux officiers anglais et américains), et le terrain « Junot », de Sermoyer, à la hauteur du pont d'Hurigny.
Les atterrissages avaient lieu après minuit. Les passagers partants arrivaient quelques heures auparavant en gare de Mâcon, d'où ils étaient dirigés chez M Broyer pour y attendre la confirmation du message convenu, après quoi le terrain était balisé au moyen d'une ficelle tendue sur huit cents mètres, tandis que sa protection était assurée par les sizaines de Manziat, commandées par l'adjoint Fernand et les chefs Boyat Jean, Feyeux, Ferrand Joannès, Prével Paul.
L’avion ne restait posé sur le pré que pendant un laps de temps extrêmement court : huit ou neuf minutes, ce qui permettait tout juste d'assurer le transbordement des passagers (arrivants et partants), de décharger le matériel et de donner le courrier.
Les postes émetteurs reçus à cette occasion étaient adressés peu après à Lyon dans des emballages à viande appartenant à M. Broyer.
Outre son activité au service S. A. P., le Capitaine Mémé fut le grand pourvoyeur de vivres des maquis mâconnais que ses groupes « fortifièrent » en leur faisant un somptueux cadeau de deux cents hectolitres de muscat destinés aux Allemands.
Un autre officier, le Lieutenant Paulin, du secteur de Saint-Gengoux, (nous avons déjà mentionné son nom dans ce chapitre), aida les chefs départementaux dans diverses opérations de parachutage et d'atterrissage. En août 1944, il conduisit deux aviateurs alliés à Manziat, — l'un Australien, l'autre Canadien —, désireux de regagner l'Angleterre. Ceci nous amène à transcrire, tel qu'il nous a été rapporté par Mme Lallemant, le récit du séjour parmi les habitants de Saint-Cyr, près de Sennecey-le-Grand, du pilote Bill Watson qui fut choyé comme s'il eut été dans sa propre famille.
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26.12.2005
N. LES DEBUTS DE LA RESISTANCE (A. V.)
Fin 1940, le Docteur Chanel, de Nevers, était en rapport avec le IIe Bureau de Vichy. Il effectua pour le compte de celui-ci, en relation avec un groupe clandestin de la Capitale, de nombreuses transmissions de documents sur les fournitures de toutes sortes faites par la France à l'Allemagne et par celle-ci à la France. Chaque semaine I'inventaire de ces livraisons était dressé.
Le Docteur Chanel assurait donc les liaisons entre les services gaullistes de Vichy et de Paris quand il fut chargé par les premiers de recruter des patriotes dans le département de la Nièvre. Ce fut ainsi qu'il découvrit l'organisation d'un groupe de résistance à Nevers dont l'E. M. réunissait le Docteur Subert, M. Harris, professeur au Lycée de cette ville, le Commandant Martin et M. Roger Blanc, Ingénieur des Ponts et Chaussées.
Il apprit par M. Harris que cette organisation dépendait de l'Armée Volontaire, dont le chef pour Paris et toute la zone occupée, était alors M. Maurice Donnay, qui avait pour adjoint M. Méresse. Le Docteur Chanel eut une entrevue avec M. Donnay et passa, dorénavant, toutes les consignes de celui-ci au groupe du Docteur Subert, tout en procurant, de son côté, les renseignements relatifs à la région nivernaise et destinés à l'Angleterre.
L'Armée Volontaire était à la fois un réseau d'action, d'évasion et de documentation.
Pour faciliter les évasions, le Docteur Chanel surveilla la ligne de démarcation, entre Nevers et Moulins et s'occupa de la faire franchir, par mesure de précaution, uniquement aux personnes étrangères à la Nièvre, pour la plupart venant des environs de Paris : prisonniers de guerre, agents pistés par la police allemande, peu de juifs. Le courrier militaire était camouflé dans une voiture truquée.
Il existait trois passages : au Veurdre, à Apremont et à Chantenay-Saint-Imbert. L'un d'eux était réservé aux Anglais et aux aviateurs de la R. A. F. dont la récupération était assurée de concert avec les services de leurs compatriotes.
Le Docteur Chanel faisait également passer la ligne aux Officiers de l'Armée Française, aux spécialistes et aux sous-mariniers, seuls susceptibles d'être plus utiles au pays en Angleterre, dans la lutte que continuaient nos alliés, qu'en France, à la cause de la Résistance.
En 1941, le contact fut pris avec des parachutistes venant de Londres, qui avaient pour mission de rechercher des terrains d'atterrissage et de parachutage. Le Docteur Subert et ses camarades, dont M. Blanc, qui pouvait facilement circuler en raison de sa profession, entreprirent cette enquête dans la Nièvre. L'un des parachutistes venait examiner les lieux choisis qui devaient se trouver à la fois à l'écart des postes d'écoute allemands et à proximité d'une rivière ou d'une voie ferrée, afin que les avions eussent des points de repérage.
En janvier 1942, l'ennemi tenta de décapiter l'Armée Volontaire dont l'existence avait été décelée par des espions qui s'y étaient infiltrés. Au cours d'une grande rafle, tous les chefs dont les noms étaient inscrits à Londres furent arrêtés, et parmi eux, M. Picard. M. Méresse y échappa de justesse et le parquet de son appartement fut fouillé pour voir si des fichiers n'y étaient pas dissimulés. Par un hasard providentiel, le Docteur Chanel était au théâtre et n’avait pu rentrer chez lui par le dernier métro (1).
M. Méresse prit alors la tête de l'A. V. et le Docteur Chanel, la direction du mouvement dans toute la province en zone occupée. Des fonds et des consignes leur étaient fournis d'une part: par un Anglais, qui leur était adjoint et, d'autre part, par les parachutistes des Forces Françaises Libres.
Chaque département avait trois services (administratif, de renseignements et paramilitaire).
Le service administratif était celui du noyautage de toutes les administrations: Préfecture (2), P. T. T., S. N. C. F., Ecoles.
L'administration normale était en somme doublée d'une administration clandestine. Dans une gare, par exemple, un membre de la Résistance pouvait se procurer un billet en s'adressant à un homme sûr. Il en était de même pour obtenir par une autre voie, de fausses pièces d'identité.
Les groupements collaborationnistes furent évidemment aussi noyautés. Disons, en passant, que ce fut ainsi que Paul Colette blessa Laval et que le R. N. P. de la Nièvre reçut un savant boycottage.
Le service de renseignements avait pour chef nivernais le Docteur Subert (M. Blanc assumant le précédent). Il comprenait la notation des renseignements d'ordre militaire (mouvement de troupes notamment) qui parvenaient à Paris, soit par l'intermédiaire d'un affilié, soit par courrier, en utilisant des boîtes postales et de l'encre sympathique, soit encore par radio à Londres quand la nécessité l'exigeait.
A ce service était rattachée la filature des adhérents de l'A. V. par d'autres adhérents, afin d'éliminer au maximum tout danger préjudiciable à son développement.
Enfin, le service paramilitaire ou d'action consistait dans la formation de corps francs bien entraînés et composés de volontaires prêts à tout, sur lesquels on comptait pour des opérations délicates ou des sabotages, en attendant la constitution des maquis, grâce aux armes parachutées.
Les commandants départementaux venaient rendre visite, à Paris, au Docteur Chanel qui ne se déplaçait en province que lors d'un coup dur. Il avait successivement rendez-vous avec les chefs du Calvados, de la Vendée, du Loiret, etc... Les plans des bases sous-marines de La Rochelle furent ramenés dans des croûtons de pain.
Spécialisé dans les renseignements depuis mai 1942, le Docteur Chanel était en rapport avec un Chef de l'I. S. qui fut arrêté. Pour rétablir les liaisons, il voulut gagner Londres avec M. Méresse et le Lieutenant-Colonel Coutisson, ancien Directeur de la base aérienne du Bourget, chargé de la direction militaire générale de l’ A. V. et devant coordonner la résistance armée en vue du débarquement et établir une stratégie offensive et défensive des principaux centres de chaque département. Le Lieutenant-Colonel Coutisson avait projeté de tenter le voyage de Londres avec l'avion personnel de Laval dont il connaissait parfaitement le mécanicien, mais celui-ci étant malade, l'expédition en resta là.
En zone libre, le contact fut pris avec le chef de Ceux de la Libération : Ripoche, qui n'avait que quelques agents en zone occupée. Médéric, dont chacun se rappelle la mort héroïque, était son adjoint. Une fusion des mouvements avait été envisagée en raison des facilités de réception des Anglais dans la partie de la France encore sous le contrôle de Vichy. Or, entre les 2 et 11 novembre 1942, il n'y eut non seulement plus de zone libre, mais encore l'Etat-Major de l'A. V. à Paris, fut capturé par les Allemands à la suite d'une dénonciation d'un chef de recrutement payé sept mille francs par mois par la Gestapo. Il ne fit arrêter que les membres placés au-dessus de lui et demeura à la tête de l'organisation jusqu'en février 1943, époque à laquelle il fut abattu après avoir avoué sa trahison.
En mars, un dernier coup de filet jeta l'A. V. à terre. Les agents se rangèrent désormais au côté d'autres groupements. Il y avait Libération Nord (Ceux de la Libération en zone occupée). Il y eut Vengeance, fondé par le Docteur Dupont qui avait connu le Docteur Chanel dès 1940 et fait partie de l'A. V. Il put rattacher à sa formation les adhérents Nivernais de celle-ci. Hélas, il fut arrêté à son tour en novembre 1943. D’autres éléments de Résistance (Croix de Lorraine du Capitaine Brice —primitivement ramification de l’A. V., — Homère), s'employèrent dans la Nièvre à poser les premières pierres du mur commun qui, dressé contre l'ennemi, fut cimenté par le sang, les souffrances et les tortures d'un grand nombre de martyrs : le Médecin-Commandant Chanel, qui a trente-huit ans, est en vie aujourd'hui par une chance vraiment extraordinaire. Il raconte, en souriant, que lors de son arrestation, il avala un tube de cyanure. Celui-ci passa tout droit sans s'ouvrir alors que la mort aurait mille fois dû faire son œuvre. Déporté ensuite au camp de Mauthausen, le Docteur Chanel s'en est tiré dans un grave état d'amaigrissement, ne pesant plus que trente kilos.
Quant au Docteur Subert, dont l'activité avait été déjà quelque peu percée à jour en juillet 1941, par les Allemands (qui l'avaient néanmoins remis en liberté après interrogatoire), emprisonné à Nevers le 12 novembre 1942, puis emmené à Fresnes et à Compiègne, il mourut à Buchenwald, sans que son courage défaillit un seul instant.
En juillet 1942, la Résistance avait été unie aux Forces Françaises Libres, pour devenir partie intégrante des Forces Françaises Combattantes (F. F. C.). Par « Résistance » il faut entendre en l'espèce, la résistance officielle, celle qui, créée par des hommes parachutés ou par des personnes ayant noué un lien permanent avec l'Angleterre, fut toujours en relation avec Londres. La France Combattante comprenait ainsi divers réseaux : Action, Gallia, etc... Car il y eut une nuance entre F. F. C. et F. F. I. - F. T. P. Les principaux chefs F. F. I. furent soit d'anciens chefs de groupes indépendants, soit des chefs de réseaux ayant perdu tout contact avec les dirigeants de leurs organisations par suite de rafles. Des états-majors leur furent parachutés.
En 1943, les divers mouvements étaient représentés à Paris au sein d'un Comité d'Entente et d'Action (C. O. M. A. C.).
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(1) Il fut recherché à Paris, Nevers et Blismes.
(2) Par la complicité de M. Millien, à Nevers.
14:00 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.12.2005
M. FRANÇAIS — FRANÇAIS
(Chanson composée à la prison d'Autun par Albert Mahieu)
(Air: Frou-Frou)
Premier couplet
Nous qui n'aimons pas les boches,
Un jour sans rien nous demander,
Après avoir fouillé nos poches,
Leurs amis nous ont enfermés
Dans cette prison où la France
Mettait ses plus grands condamnés.
Mais nous avions trop d'espérance
Nous n'sommes pas démoralisés.
Refrain
Français, Français,
Gardez votre sourire.
Patience, courage
Voici la liberté
Alors ce jour
Ce sera notre tour de rire.
Français, Français,
Nous pourrons nous venger.
Deuxième couplet
Il y a d'abord la milice
Dont il faut nous débarrasser,
Celle qui a mis tant de malice
A vouloir nous faire enfermer.
Nous savons tous sans nous tromper
Les traîtres qui nous ont dénoncés
Et ceux qui ont collaboré
Nous ne pourrons les oublier.
(Au refrain)
Troisième couplet
Quand les boches seront épuisés,
Que nous aurons enfin l'espoir
De ne plus avoir à lutter
Nous pourrons crier la victoire
Et chacun sera bien content
De retrouver dans ses foyers
L'être chéri qui nous attend
Qui n'a cessé de nous aimer.
Refrain
Français, Français,
Ce sera la récompense
D'être resté
Fidèles à notre France
Et de résister
Malgré toutes nos souffrances.
Français, Français,
Nous l'aurons bien gagné !
20:40 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L. AVIS F. F. I.
Habitants de tous pays, la gestapo s'infiltre chez nous, sous le nom de la Résistance. Attention. Taisez-vous, ce sont des traîtres, ils circulent en voiture, coupent les cheveux aux femmes, font sauter des pylônes, enfin prennent les allures de la Résistance. Prévenez-nous aussitôt. Ces traîtres, qui ont renié leur Patrie, sont plus à craindre que les Boches. Une prime est offerte à tous ceux qui nous donneront des renseignements. Pas de pitié pour eux. Abattez-les comme des chiens.
La Résistance.
(Juin-juillet 1944).
A Monsieur X....,
« Vous devez être un adepte de Philippe Henriot pour juger si mal la Résistance et ses partisans. Quand vingt-trois bons FRANÇAIS ont payé de leur vie le droit de rester Français (1) vous vous êtes bien réjoui en disant: c'est bien fait pour eux, ce n'étaient que des bandits et des voleurs. Qu'avaient-ils fait, ces bandits et ces voleurs ? Tout simplement ce que vous ne feriez pas à leur place, car vous êtes trop lâche. Mais le plus malheureux, c'est que ces bons patriotes, se sont fait trouer la peau pour pas mal d'individus de votre espèce. En attendant de vous voir, méditez sur le petit accident arrivé au très bon Français Philippe Henriot ».
Le Commandant du Groupe H. B.
A Monsieur Y....
« Vous devez être content de la collecte de cuivre de X.., quatre cent vingt-deux kilos et de vous en particulier (huit kilos de plus que votre compte), cela est très bien pour un bon Français. Toutes mes félicitations. Mais avez-vous compté combien quatre cent vingt-deux kilos de cuivre font de petits bouts bien pointus pour tuer cette bande de communistes et de terroristes dont vous avez si peur. En toute confiance, cela n'en fait pas assez, cherchez bien dans vos collections et portez-les vivement à vos amis les Allemands. Si par hasard vous n'en aviez plus, il nous en reste un tout petit peu au besoin, nous pourrions vous le passer.
« A tous les donateurs, merci ».
La Résistance.
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(1) A Lantilly10:25 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
K. AVIS A LA POPULATION NIVERNAISE
République Française
Comité National Français
de la Résistance
Département de la Nièvre
LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ
FRONT NATIONAL DE LUTTE pour la LIBERATION et l'INDEPENDANCE de la FRANCE
AVIS A LA POPULATION NIVERNAISE
Le Commandant des Francs-Tireurs et Partisans Français (F. T. P. F.) de la Nièvre porte à la connaissance de la population ce qui suit:
Article premier. — Les Francs-Tireurs et Partisans Francais sont sur le sol de la Patrie, l'avant-garde de « l'Armée de la Libération ». Ils combattent journellement avec abnégation et au péril de leur vie, uniquement contre l'ennemi et les traîtres. Les actions sont ordonnées et contrôlées par un ETAT-MAJOR régional de la RESISTANCE et le COMITE FRANCAIS de la LIBERATION NATIONALE à ALGER.
Art. 2.—Toutes les personnes, sans distinction d'âge ni de sexe, qui se serviront du nom de la Résistance pour commettre des vols, des meurtres ou pour assouvir des vengeances personnelles et autres actes de banditisme, dans le but de discréditer la Résistance Française sont considérées comme pillards en temps de guerre et PASSÉES PAR LES ARMES.
Art. 3.—Toutes les personnes qui se serviront du nom de la Résistance pour adresser des lettres de menaces ou autres... qui lanceront des proclamations dans le but de nuire et de diviser les Français. sont considérées comme traîtres en temps de guerre et PASSÉES PAR LES ARMES.
Art. 4. —Toutes les personnes qui dénoncent, livrent ou arrêtent des Patriotes, ainsi que tous ceux qui collaborent avec les services de la Gestapo ou de la Police de Vichy, dirigée par le Waffen S. S. Darnand (même sous le couvert de l'anonymat) sont considérées comme traîtres en temps de guerre et PASSÉES PAR LES ARMES.
Art. 5. — Toutes les personnes qui, par leur inconscience ou leur bavardage nuiront à la Résistance en donnant des indications permettant à l'ennemi d'arrêter des Patriotes ou de faire échouer des plans militaires de la Résistance sont considérées comme traîtres en temps de guerre et PASSÉES PAR LES ARMES.
Art. 6.—Toutes les personnes' qui de propos délibéré, offrent leurs services à l'ennemi, font exécuter ou exécutent des travaux ou des ouvrages militaires dans le but de retarder la libération de la France sont considérées comme traîtres à la Patrie et seront traduites devant des TRIBUNAUX MILITAIRES.
Art. 7. — L'armée des Francs-Tireurs et Partisans Français est exclusivement au service de la France. Elle a pour but de faire la guerre à l'ennemi et de châtier les traîtres. Sa mission libératrice a pour but également de préserver les biens et la personne des patriotes Français.
En apportant sans réserve votre aide à nos vaillants soldats, vous hâtez l'heure de la libération.
VIVE LA FRANCE.
L'ETAT-MAJOR
des Francs-Tireurs et Partisans.
Quiconque déchirera cette affiche sera considéré comme complice de l'ennemi et passé par les armes.
10:20 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
J. LES FONCTIONNAIRES ET LA RESISTANCE
(Extrait de « La Nièvre Libre » de novembre 1943)
La Radio de Londre, celles que contrôlc le Comité de Libération Nationale (Alger, Brazzaville), et surtout le poste de la Résistance « Honneur et Patrie », ont clairement placé les fonctionnaires en face de leurs responsabilités.
Tout détenteur d'une parcelle de la puissance publique et même tout agent d’exécution, pourra être invité à rendre des comptes relativement à son activité professionnelle durant la période d'oppression germano-vichyssoise.
Il va sans dire que les enquêtes qui seront ouvertes, offrirent toutes les garanties d'impartialité nécessaires. Les dénonciations calomnieuses, Celles dont le mobile résiderait dans de sordides sentiments de haine personnelle et partisane, se retourneront contre leurs auteurs. On distinguera entre les fonctionnaires que leur service oblige à travailler pour l'ennemi, ceux qui ne font qu'exécuter des ordres dont ils n'ont pas le pouvoir d'empêcher ni de différer l'exécution, de ceux qui, jouissant d'une certaine latitude, servent le boche avec zèle et empressement.
Toutefois, il est bien entendu que l'attitude de Ponce-Pilate ne sera pas admise: il ne suffira pas pour un fonctionnaire de la police par exemple, de dire: « J'ai arrêté des patriotes, j'ai traqué les réfractaires. mais j'avais des ordre ».
Ce serait trop facile. Les policiers, les gendarmes devront prouver qu'ils n'ont obéi que lorsqu'ils ne pouvaient faire autrement et qu'ils ont opposé à la force, l'inertie et le sabotage, aux odieuses mesures de coercition édictées par l'Anti-France.
Ce qui vaut pour la police est également valable pour le service du ravitaillement, du contrôle économique, de la main-d'œuvre, etc... ».
10:10 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
I. L'HEURE DU COMBAT A SONNÉ
(Extrait de l' « Avant-Garde », organe des Jeunesses Communistes de la Nièvre, du 25 avril 1943)
Jeunes de France, votre devoir est clair. Groupez-vous entre camarades de localités, de travail ou d'école. Formez des groupes de Francs-Tireurs et Partisans. Gagnez la campagne, sollicitez l'aide des paysans patriotes. Recherchez le contact avec les groupements patriotiques et vivez une vie héroïque, une vie de combat contre l'ennemi, en attendant que des Groupes de Francs-Tireurs et Partisans surgisse la Grande Armée Nationale de la Libération.
Mères Françaises, encouragez vos jeunes fils à partir lutter en Francs-Tireurs et Partisans plutôt que de les laisser partir en Allemagne mourir sous l'uniforme boche.
Jeunes filles de France, exaltez le courage de vos frères, de vos fiancés, de vos jeunes camarades; montrez-leur le chemin glorieux de la lutte sur le sol de la Patrie contre l'ennemi maudit, et la honte qu'il y aurait à servir Hitler, I'ennemi mortel de la France; Hitler, le massacreur des femmes et des enfants en juin 1940; Hitler, l'affameur de notre peuple, l'assassin de nos otages; Hitler, le fauve sanguinaire qu'il faut abattre pour que vive la France.
10:05 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
H. SUR LE FRONT DU NIVERNAIS
(Extraits du « Patriote » du 20 mars 1943)

A Cosne: une violente manifestation a eu lieu. Notre alliée, la Russie, est vigoureusement acclamée, puis clairon en tête les jeunes se rendent devant le soldatenheim de la rue de Paris, et là, ils font retentir une vibrante « Marseillaise ».
A Donzy : Belle manifestation patriotique au chant de la « Marseillaise »; les jeunes de différentes communes du canton, — comme ceux de Colméry — se sont rendus à Donzy en groupes derrière le drapeau français.
A Dornes : Plusieurs centaines de jeunes huent leE boches et les traîtres. La « Marseillaise » retentit longuement.
A Clamecy : Les jeunes manifestent aux cris répétés de « A bas les boches ».
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(1) Dans l’article : « Jeunes, ne va pas en Allemagne » ; « A Decize, on fait flotter le drapeau tricolore devant l’Hôtel de Ville sur la hampe même qui portait naguère la sinistre croix gammée ».
09:50 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
G. LES DIX COMMANDEMENTS DU FRANÇAlS PRISONNIER DANS SA PROPRE PATRIE (1)
I.— Tu aimeras la France de toutes tes forces, avec une âme chrétienne, un cœur humain, un esprit français.
II. — Tu ne prendras pour idéal, ni la force conquérante, ni les j jouissances matérielles, mais l'honneur, la grandeur et le bonheur de la Patrie.
III. — Garde-toi de croire que tu puisses être heureux quand ta Patrie est dans le malheur, qu'il te suffise de sauver ta peau et ton portefeuille quand elle est mourante et dépouillée; que le bon moyen d'avoir la paix soit de tout abandonner, ou qu'une défaite puisse être aussi profitable qu'une victoire.
IV.—Garde-toi de rougir de la France et de son passé, tu ne dois rougir que de tes erreurs, de tes doutes, de tes défaillances.
V.—Garde-toi de demander à l'étranger d'autres leçons que celles de la fierté nationale, de la discipline, de l'esprit de sacrifice.
VI. —Rappelle-toi que même après ses pires désastres, la France n'a manqué d'aucune des vertus qui font les peuples libres, respectés, prospères, et que le pays de Saint Louis, de Jeanne d'Arc, de Bayard, d'Henri IV... des Colbert, des Vauban, des Carnot, des Pasteur... doit puiser dans son génie et ses traditions assez de forces pour se régénérer et se relever.
VII.—Rappelle-toi à tout moment que l étranger t'observe, te juge, et qu'il est toujours prêt à te mépriser.
VIII. — Tu te défieras de sa propagande, de ses journaux, de sa radio, de ses affiches et te garderas de t'en faire jamais le complice par cupidité, lâcheté ou légèreté.
IX.— Tu n'entretiendras avec lui et avec ses agents que les relations inévitables et repousseras comme une honte la moindre de ses faveurs.
X.—Tu oublieras tout ce qui nous divise pour ne penser qu'à ce qui doit nous unir: le relèvement d'une France intacte, réconciliée, autour de chefs qui possèdent la confiance et traduisent ses aspirations.
00:30 Publié dans C. Première partie Propagation de la Résistance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







